vendredi 30 avril 2010

CHAPITRE 1 - PARTIE 1



Le maître et l'apprenti se faisaient face, debout dans la grande cour, bras croisés, attendant chacun la réaction de l'autre. Le Soleil commençait à percer entre les nuages matinaux, proche de son zénith, et il était temps pour les enfants Annavatar, tout juste levés de table après un déjeûner copieux, d'être envoyés faire la sieste dans leurs lits douillets. Woofang en avait horreur et, du haut de ses quatorze ans, avait obtenu le droit d'y déroger, à condition de consacrer ce temps à l'entraînement. Kendrakar, qui se l'était vu confié un an plus tôt et qui l'avait immédiatement adopté, nourrissait d'ambitieux projets à son égard, qui exigeaient une condition physique excellente. Il lui avait déjà enseigné les rudiments du combat au bâton, et attendait maintenant qu'il se fût suffisamment perfectionné pour intégrer le Temple et être formé au métier d'invoqueur, élite des soldats de l'empire, qui avaient pour seule arme leurs sceptres et leurs connaissances des forces surnaturelles qu'ils manipulaient et qui leur permettaient, en plus de matérialiser leurs fantasmes, de contrôler des chimères, créatures mystiques réputées pour être aussi dangereuses qu'imprévisibles.
Ces projets étaient sans compter le mauvais caractère du garçon qui, en dépit du respect sans nom qu'il vouait à son maître, était à peu près, par principe, contre tout ce qui touchait de près ou de loin à la politique de l'empire. Il n'était donc pas question pour lui d'adhérer à quelque enseignement que ce fût si celui-ci avait pour finalité de servir un jour dans les rangs de l'empereur, qu'il tenait en partie responsable de son exil forcé et de sa présence à Dar-him. C'était également la raison pour laquelle, alors que la capitale se préparait à être assiégée, il se tenait là, debout, le regard fâché.
Kendrakar l'observait, un air bienveillant sur le visage, attendant qu'il se décidât à parler. Il connaissait l'adolescent et savait que, sous cet air renfrogné, quelque chose le tracassait, et que, dans leur petit face à face, il ne tarderait pas à céder. Woofang se montra plus coriace qu'à l'accoutumée mais finit tout de même par rompre le silence en avouant la raison de son amertume :
« Tu aurais accepté que je travaille pour lui, grogna t-il.
Jamais sans ton accord, répondit Kendrakar d'un ton doux. Sais-tu seulement combien de garçons de ton âge rêvent de se mettre à son service ? Je ne veux pour toi que ce qu'il y a de mieux.
Tu aurais accepté qu'Altaïr se serve de moi, si j'avais dit oui ? bredouilla l'adolescent.
Nous avons eu tous les deux une conversation assez... houleuse sur le sujet. Je t'aurais demandé de faire très attention, et j'aurais promis à Altaïr un régicide s'il ne te ramenait pas entier. Mais là n'est pas la question, tu as dit non, tu es assez grand pour décider seul. Maintenant, cesse de faire la tête, et si tu veux vraiment te promener vas-y, mais sois rentré avant la nuit.
Tu aurais quand même accepté qu'on se serve de moi, insista Woofang.
Pas qu'on se serve de toi, soupira Kendrakar, agacé par la mauvaise foi de son disciple.
Je m'en vais. Et je reviendrai plus jamais. »
La remarque du jeune garçon teinta de peine le visage de son maître qui, chaque jour un peu plus, se demandait s'il avait bien fait d'accepter de le recevoir chez lui. En un an, il avait le sentiment de n'avoir fait aucun progrès ; il était le seul à bénéficier du respect de Woofang, qui ne pensait toujours qu'à s'enfuir, parfois sous l'effet de la tristesse et de la colère, d'autres fois par simple esprit de contradiction. Il méprisait ouvertement l'empereur et ce qui s'y rattachait. Il évitait autant que possible de se mêler à la famille Annavatar, préférant demeurer seul dans son coin ou, comme aujourd'hui, en utilisant le chantage affectif pour avoir le droit de se promener au lieu de suivre l'entraînement qu'essayait tant bien que mal de lui imposer Kendrakar. Celui-ci n'avait cependant pas l'intention de perdre le jeune homme, auquel il s'était attaché bien malgré lui.
« Pourquoi tiens-tu toujours à t'en aller ? Tu méprises tout, pourquoi éprouves-tu donc tant de haine à l'égard de la noblesse ? Oublies-tu que j'en suis ? interrogea l'Aldarian visiblement attristé. 
Ce sont des lâches qui quittent tranquillement la ville pour échapper à son siège et laissent crever le peuple!
Woofang, le peuple qui ne souhaite pas combattre est accueilli dans l'enceinte du palais. On a évacué les nobles car ils savent où aller en-dehors de ces murs, pour faire de la place. Tu sais très bien qu'une fois à l'intérieur tout le monde sera en sécurité.
C'est ça. De toutes façons vous êtes tous pareils, pour vous les pauvres n'ont pas besoin de savoir où aller, les pauvres sont heureux avec ce qu'on leur donne ! »
Kendrakar prit sur lui pour conserver le silence, préférant ignorer son disciple que s'énerver contre lui et le punir pour son insolence. Il ramassa le bâton avec lequel Woofang était en train de s'occuper avant de lui demander l'autorisation de se promener dans la ville. Le jeune homme n'avait pas l'air d'en mener bien large, intrigué par le comportement de son maître qui ne le grondait pas. Le rouquin se redressa et un sourire amusé fendit son visage ;
« Je t'ai vu t'entraîner, tu te débrouilles bien, je pense avoir besoin de toi demain. Va t'amuser et reviens à la tombée de la nuit, je vous ferai à tous un exposé de ce qui nous attend. Si tu aimes ce bâton je t'en fais cadeau, prends-le. »
Woofang considéra un instant l'artefact que lui tendait son maître, long d'environ un mètre, noir et lisse, fait d'un matériau qu'il ne parvint pas à identifier, décoré à ses extrémités par quelques gravures d'or. Il était plus beau que celui que l'adolescent possédait déjà mais celui-ci connaissait assez son maître pour savoir que s'il acceptait, tôt ou tard, il serait amené à lui rendre des comptes. Aussi préféra t-il, avec un léger dédain, refuser l'offre :
« J'en ai pas besoin. »
Il tourna ensuite les talons. Cette fois, le partiarche de la famille Annavatar ne le retint pas et ses yeux verts en amande le suivirent jusqu'à ce qu'il eût passé l'énorme portail de bois qui, rattaché à un mur en pierre de taille de plusieurs mètres de hauteur entourant la propriété, constituait l'unique point de sortie. Kendrakar commençait à connaître le garnement et savait qu’il reviendrait après quelques heures d'errance, il ne s'inquiéta donc pas davantage et gagna le palais où l'empereur l'attendait avec de quoi l'occuper pour le restant de la journée.
Woofang erra longtemps sans but avant de finalement se rendre dans les quartiers pauvres, fatigué par une marche de plusieurs heures. Les pieds traînants et la mine sombre, il parcourait du regard les divers taudis qui s'offraient à lui et observait les gens qui y vivaient. Parfois, il posait les yeux sur des hommes mutilés par le temps ou la maladie ; une curiosité morbide s'emparait alors de son être tout entier et le dégoût finissait par lui faire reprendre sa route, la tête envahie de mauvais souvenirs.
Il atteignit enfin un endroit familier et décida de rendre visite à la jeune fille qui habitait la petite hutte encastrée dans un cul de sac entre deux maisons de pierre à moitié en ruines, et avec qui, petit à petit, il découvrait l'amour. Il se rendit devant l'énorme planche qui faisait office de porte et celle-ci tomba à terre au même moment, découvrant un bambin de six ans qui s'empressa de filer en riant, poursuivi par une adolescente blonde qui s'arrêta net en apercevant Woofang. Instinctivement, elle passa une main dans sa tignasse emmêlée pour dégager son visage et sourire à l'élu de son coeur avant de se jeter dans ses bras pour l'embrasser.
Le garçon avait su déceler la beauté discrète de Nathalie qui, lavée, habillée et coiffée, eût sans nul doute compté parmi les plus belles filles de la Cour Impériale. Malheureusement, sa fortune ne lui permettait pas de porter autre chose qu'une vieille robe usée par le temps et héritée d'une mère trop grande, et son quartier ne possédait qu'une fontaine dans laquelle trop de monde venait se laver et boire, ce qui compliquait les choses en matière d'hygiène. Depuis qu'il la connaissait, Woofang lui rapportait ce qu'il parvenait à chaparder dans la maison ; du savon, des gateaux, et même un foulard oublié par une invitée émêchée. En échange, Nathalie lui contait les légendes de la ville et l'histoire de l'Empire, pour le peu qu'elle en connaissait. Elle s'exprimait dans un Aldarian plus que correct, ce qui pouvait paraître surprenant venant de quelqu'un qui n'avait reçu aucune éducation mais qui se justifiait lorsque l'on apprenait qu'elle avait passé son enfance à écouter les histoires des troubadours de passage en ville. C'est ainsi que les deux jeunes gens passèrent deux heures ensemble, lovés l'un contre l'autre, assis sur les marches d'un perron désuet, profitant du beau temps et de la chaleur d'un été qui touchait à sa fin et qui, pour beaucoup, s'annonçait comme le dernier.
Autour d'eux, les gens allaient et venaient, dans une atmosphère surexcitée, affairés aux derniers préparatifs. Des mères de famille anxieuses rassemblaient ce qu'elles trouvaient de provisions et envoyaient leurs enfants puiser à la petite fontaine ce qu'ils pouvaient porter d'eau. Des pères s'armaient pour protéger leurs foyers si la ville venait à être envahie et condamnaient les fenêtres de leurs taudis avec de vieilles planches récupérées dans les quartiers marchands. Des dévots priaient, et, de temps en temps, un détachement de soldats au pas traversait les rues, s'efforçant de maintenir le calme au sein d'une population de plus en plus tendue.
Woofang et Nathalie décidèrent de faire le tour de cette ville qui peut-être, le lendemain à la même heure, ne serait plus qu'un mélange de ruines et de cendres. Ils n'eurent pas fait dix pas que le sol se mit à vibrer sous leurs pieds et un bruit long et sourd se fit entendre, accompagné d'un grincement sinistre, qui provoqua la même réaction chez tous ceux qui se tenaient non loin des deux jeunes gens ; les têtes se tournèrent instinctivement vers le Sud-Ouest, et, les quelques minutes que durèrent les bruits, les corps demeurèrent immobiles, comme si le temps avait suspendu son cours. Il y eut un dernier son, celui d'un choc entre deux éléments lourds, puis le silence, et enfin, la vie reprit dans une atmosphère plus tendue que jamais.
« Ils ont fermé le Troisième Anneau, murmura Nathalie. Plus personne ne peut entrer ou sortir de la ville maintenant... Ils vont fermer le Deuxième dans pas longtemps, tu devrais rentrer. »
Woofang hocha la tête et prit la jeune fille dans ses bras une dernière fois.
« Mais je comprends pas, pourquoi vous êtes pas allés vous réfugier au palais ? demanda t-il d'une voix inquiète. Ta maison est trop près des portes extérieures...
Parce que... ma mère a confiance en Daermon, il nous protège et protège cette ville, elle ne pourra jamais tomber aux mains de l'ennemi. Et puis, mon père tient à être aux premières loges si jamais ils arrivaient à entrer. Et aussi... par honneur... j'aurais trop honte de me présenter dans la maison de l'Empereur, à côté de tous ces gens bien nés et bien habillés. Nous sommes nés dans les bas quartiers... nous y mourrons. Mais ne t'en fais pas, moi aussi, j'ai confiance dans notre dieu et nos soldats. Je ne sais pas combien de temps durera le siège, alors disons... retrouvons-nous le lendemain de la victoire, au pied de la Porte d'Amatha.
Et si on perd ?
Et bien, retrouvons-nous le lendemain de la défaite, au pied de ce qu'il restera de la Porte d'Amatha... dépêche-toi de rentrer maintenant, ou tu finiras coincé ici.
Je t'aime... »
Les deux adolescents s'embrassèrent puis, douloureusement, se séparèrent.
Le son d'une corne retentit plus au Nord pour la première fois. Il y aurait encore deux appels, et, au quatrième, les portes du Deuxième anneau, celui qui encerclait les quartiers bourgeois, seraient scellées à leur tour, pour enfin, une heure plus tard, être imitées par les portes du Premier Anneau, qui délimitait le centre ville, dans lequel se trouvaient, entre autres, le palais impérial et le temple, et, à mi-chemin entre les deux, la villa Annavatar.Woofang courut aussi loin que son endurance le lui permit, regrettant son manque d'assiduité envers les enseignements de son maître. Il déclara néanmoins forfait lorsque les rues se mirent à remonter ; la ville était bâtie sur une colline et le centre ville se trouvait à son sommet.
Il s'arrêta pour reprendre son souffle, près de la Fontaine des Fortunés qui se trouvait sur une petite place bourgeoise entourée de buissons, tous plus colorés les uns que les autres en cette époque de l'année. Il plongea ses mains dans l'eau avant de se les passer sur le visage, mais ne but pas ; il avait vu un jour un chien errant s'y soulager et depuis, refusait catégoriquement de s'y désalthérer.
La cohue des bas-fonds avait laissé place à un calme déstabilisant. Le silence n'était troublé que par le cliquetis des armures des soldats qui passaient, ou par le claquement des volets qui se fermaient les uns après les autres. Le jour déclinait, et le ciel teinté de mauve, magnifique, se réflétait dans l'eau du bassin sur la margelle duquel s'était assis l'adolescent. Ses yeux se dirigèrent vers la muraille du Deuxième Anneau qu'il venait de franchir, et un frisson lui parcourut l'échine lorsqu' il réalisa que, derrière ces murs immenses qui lui masquaient la vue sur la plaine, l'ennemi était déjà là.
Sa crainte fit alors écho à la tension montante qui régnait dans la ville tout entière, et, oubliant sa fatigue, il reprit sa course dans les avenues montantes, passant les portes du Premier Anneau, trébuchant sur des pavés inégaux et bousculant d'ultimes passants pour enfin arriver, essouflé, devant le portail de la villa Annavatar. Il se donna quelques instants pour reprendre une certaine contenance, puis entra.
Le domaine était habituellement un lieu plein de vie, animé et bruyant, entre les enfants qui jouaient dans la cour surveillés par Nannie la gouvernante, Enarlis, d'un an le cadet de Woofang, qui s'occupait des chevaux avec Sylvain, le palefrenier, les domestiques qui allaient et venaient, affairés à leurs tâches ou encore Kendrakar et Daran, l'aîné de ses fils, qui s'entraînaient. Mais ce soir, à l'heure où les premières étoiles commençaient à scintiller, il n'y avait personne. Tout était silencieux et vide, plongé dans la pénombre d'une nuit tombante, et la lourdeur de l'air estival rajoutait à l'atmosphère quelque chose d'oppressant. Woofang craignit alors d'être arrivé trop tard. Il s'imagina le pire ; tous, partis sans lui se réfugier au palais. Il trépigna sur place en réfléchissant à toute vitesse sur la conduite à adopter mais, alors qu'il commençait à paniquer de se retrouver seul au millieu d'une ville assiégée, il remarqua enfin la faible lueur qui émanait au travers du rideau tiré d'une fenêtre située un peu plus loin.
Dans le salon éclairé par quelques bougies tenant sur un lustre qui, en dépit de sa sobriété, était d'excellente facture, une créature étrange jouait du luth, comme pour faire oublier à ceux qui se trouvaient là ce qui les attendrait le lendemain. L'homme était assis à même le sol, car dans son dos, deux gigantesques ailes en peau, d'un beau vert sombre et d'une structure identique à celles des chauve-souris l'empêchaient de se laisser aller dans l'un des fauteuils confortables de la pièce. Il était de deux bonnes têtes plus grand que les autres présents, et deux cornes de couleur émeraude sur son large front venaient en ajouter encore à sa hauteur, et contraster avec des cheveux d'un rouge flamboyant, tirés vers l'arrière en une multitude de petites tresses. Ses yeux bleu-vert étaient rivés sur son instrument alors que sa queue couverte d'écailles battait le tempo dans les airs. De temps à autre, il relevait la tête et son regard se posait sur les autres présents, à qui il adressait des sourires qui se voulaient réconfortants. Ce fut lui qui, d'un signe de tête, invita Woofang à s'asseoir près de lui.
Le garçon considéra le daermoor un instant, avant d'accepter et de timidement venir se poser par terre, à même le sol.
« Nous t'attendions, Woofang. »
Kendrakar se redressa dans son éternel fauteuil de bois noir, aux coussins recouverts d'un velours vert foncé, posa sur une petite table un verre de vin qu'il venait de vider. Par politesse, Darion s'arrêta de jouer. Le maître de maison reprit alors la parole :
« Ce n'est pas la peine de te cacher. Comment va Nathalie ? 
Ca vous regarde pas, répondit l'adolescent d'un ton tranchant. 
Non mais pour qui tu te prends ? Insolent! »
A la droite de Kendrakar, un grand blond du nom de Daran s'était levé, énervé. Aîné des fils Annavatar, il supportait difficilement les impolitesses de son cadet et ne manquait pas de le remettre à sa place dès que l'occasion s'en présentait. Un geste de son père le fit calmement rasseoir mais il continuait de fixer Woofang avec mépris.
« A mon avis, il n'a pas fait que parler avec sa Nathalie, railla t-il. 
Je suis pas comme toi, se défendit l'adolescent. »
Les deux frères adoptifs n'avaient jamais réussi à se supporter ; le comportement excessif du plus jeune agaçait le plus vieux qui ne pouvait s'empêcher de le provoquer. S'ils arrivaient à demeurer silencieusement dans une même pièce sans se battre, le conflit éclatait malheureusement dès que l'un des deux ouvrait la bouche. Sentant une énième dispute se profiler, Kendrakar jugea bon d'intervenir ;
« Ca suffit vous deux, demain matin l'ennemi sera devant nos murs, ce n'est pas le moment de vous chamailler. Daran, les invoqueurs rassemblés au temple seront répartis sur les remparts, ils seront chargés en cas de percée adverse d'aider au repli sur le deuxième anneau. Je compte sur toi. »
Le silence s'en suivit, que Darion jugea bon de briser en se remettant à jouer. Woofang ne décolérait pas, mais il savait que provoquer à nouveau son aîné serait se donner tort. Il se contenta de l'observer du coin de l'oeil, attendant un nouveau prétexte pour se faire entendre. Daran, plus sage, n'était malheureusement pas de ceux qui tendaient le bâton pour se faire battre, et se contenta de l'ignorer, en fermant les yeux et, comme son père, laissa la mélodie du daermoor envahir ses pensées tourmenées.